Le collectif
F71 a été cofondé en 2004 par Sabrina Baldassarra,
Stéphanie Farison, Emmanuelle Lafon, Sara Louis, et Lucie Nicolas,
cinq actrices et/ou metteurs en scène. En 2005, s’y sont
associés Thérèse Coriou, chargée de production,
et Frank Condat, technicien et constructeur. En 2006, une collaboration
artistique a été mise en place avec Daniel Lévy,
réalisateur-lumière.
Le collectif est né
du désir de repenser l’organisation du travail, d’articuler
le contenu du propos artistique avec le contexte de sa production.
Nous nous sommes d’abord réunies dans une totale gratuité
de recherche, pour inventer un espace de travail différent,
collectif, induisant la pleine responsabilité artistique de
chacune, responsabilité consciente et active à chaque
étape de création. Un espace de partage des regards,
d’échange des places et des fonctions, permettant de
changer de point de vue et d’avoir un rapport à l’œuvre
plus large. Un espace où engager notre appréhension
du monde, sensible et politique, depuis notre place de comédienne
et/ou de metteur en scène, et exclusivement au moyen de notre
outil : le plateau.
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À cinq, nous adoptons
au jour le jour une démarche collégiale. Nous ne réduisons
pas un metteur en scène à un emploi de directeur, les
rôles s’échangent constamment de sorte que chaque
décision scénique, dramaturgique ou d’interprétation
relève d’une concertation collective. Notre travail théâtral
ne consiste pas à mettre en scène un texte dramatique
pré-écrit, ni un montage élaboré à
la table. Une fois que nous avons décidé d’un
sujet, nous définissons un large corpus de textes, de documents
sonores ou iconographiques, de rencontres, cheminements à explorer
hors du théâtre, puis à échanger ensemble.
Enfin c’est l’exercice du plateau qui fait force de loi
et préside à l’élaboration du spectacle.
Autrement dit, nous écrivons en jouant et au fur et à
mesure du jeu. Et nous écrivons à cinq. Au moment des
représentations, tout ce qui est donné à voir
est fabriqué, écrit, décidé en commun,
navigant entre fiction et fabrique documentaire.
Nous creusons ainsi une
façon d’interroger les codes de la représentation
et les mécanismes de l’artifice théâtral
pour mieux nous en servir. S’il est nourri des expériences
plus « conventionnelles » de chacun, le processus de répétitions,
d’écriture et de production du collectif F71 est constamment
à inventer. Jusqu’à présent, il a eu pour
singularité de s’inscrire dans une économie de
temps propre, mêlant résidences de travail, étapes
de création publiques, répétitions et représentations.
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