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Épisode 0
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En 1971, le philosophe Michel Foucault
s’engage publiquement autour de trois affaires précises
: la création du GIP (Groupe d’Information sur les Prisons),
l’affaire Jaubert et le Comité Djellali. A partir de
documents issus directement de l’œuvre de Foucault, ou
périphériques (archives sonores, manuscrites, visuelles),
nous avons axé notre travail sur la parole publique. Puis,
autour de ces premiers matériaux, ont été collectées
d’autres paroles émanant d’acteurs de l’époque
ou d’aujourd’hui, en rapport avec ces trois événements.
L’assemblage de ces matières dans le lieu du théâtre
nous permet de passer de la petite histoire à la grande. L’Épisode
0, à la manière d’une chronique, dresse un portrait
du militantisme des intellectuels de l’après-mai 68 et
nous donne l’occasion d’explorer nos propres questionnements
sur la société.
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Le GIP (Groupe
d’Information sur les Prisons)
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Le Comité
Djellali
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Suite à l’entrée
dans la clandestinité de la gauche prolétarienne déclarée
illégale, de nombreux militants sont incarcérés.
Ils découvrent de l’intérieur la situation intolérable
des prisonniers. Michel Foucault, Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet
créent le GIP pour dresser un état des lieux des prisons,
le faire connaître à tous et surtout donner la parole
aux détenus eux-mêmes : recueillir l’information
et la faire circuler. Ils font parvenir aux prisonniers un questionnaire
non pour "accumuler des connaissances, mais pour accroître
notre intolérance et en faire une intolérance active".
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Un jeune Algérien
de 15 ans est tué par son concierge dans le quartier de la
Goutte-d’Or à Paris. On parle de crime raciste. Des intellectuels
et des militants se mobilisent au sein d’un comité baptisé
Djellali (dont Michel Foucault, Jean-Paul Sartre, Jean Genet, Claude
Mauriac, Alain Jaubert, Catherine Von Bülow…). Ce fait
divers soulève en réalité de nombreuses problématiques
: les conséquences de la guerre d’Algérie, la
question des travailleurs immigrés en France, le problème
du logement et de la spéculation immobilière à
Paris, le quadrillage policier dans la Goutte-d’Or, les divergences
entre militants… Cette affaire montre aussi l’échec
des intellectuels dans un contexte complexe et dans un milieu qui
n’est pas le leur, échec dont ils feront eux-mêmes
le constat.
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Alain Jaubert, journaliste
au Nouvel Observateur, est passé à tabac par la police.
Sous l’impulsion de Michel Foucault se crée la commission
d’information sur l’affaire Jaubert qui réunit
intellectuels et journalistes (Gilles Deleuze, Denis Perrier-Daville,
Claude Mauriac, Denis Langlois…), afin de mener une contre-enquête
et dénoncer l’impunité de la police et de la justice
ainsi que leurs rapports avec la presse.
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